Quelque part entre zéro et le point de non-retour
Mises en ordre et arrangées pour l’occasion, les chansons présentes dans cet album sont beaucoup plus abrasives et saturées que « Desseins d’enfants ». Un savant mélange de poésie, de sueur et de sang donne naissance à « Quelque part entre zéro et le point de non-retour ».
Inspirés de situations administratives dignes des plus folles histoires de Kafka, les textes du répertoire oscillent entre les pulsions salaces et un acharnement politiquement incorrect contre certaines plaies officielles de notre société. Ainsi, les colporteurs, les administrateurs cachés, les fuyards de responsabilités et les démagogues sans idées en prennent pour leur grade.
Toujours cachée derrière son masque de vers, la prose incisive se permet un haussement de ton significatif, un coup d’épée dans l’eau qui en fera rire plus d’un. A l’instar de la poésie, cela ne sert à rien… Mais fait beaucoup de bien.
Zéro est une attaque directe, virulente et sans retenue à l’homme qui sait se faire éjecter par le haut, qui se gausse du labeur en distillant ses mensonges et qui arrive même à inspirer la pitié pour ses problèmes de santé. Ce thème est repris dans Plan B qui pousse le vice à faire l’apologie d’un battement de cœur.
On vous le promet, « Quelque part… » sera un disque hargneux, mesquin et puissant. D’ailleurs, le prochain album de Ferraille sera emprunt d’une certaine violence textuelle. Le sang indélébile s’en ira tacher quelques mains.


