Plan B

 

Fatigué de ces salles où je joue au démiurge malade

Fatigué de ces séances où l’on m’idolâtre

De retour dans nos sphères de béton et de plâtre

Dans ma vie de misère sans relief où je me sens fade

 

Et ces sciences que je palpe, ces savoirs que je liste

Pluriel comme un poulpe je suis nexialiste.

Je m’auto évalue voilà ce que je vaux

Je vous cache que mon âme n’a pas quitté le zéro

 

Et je me sers dans la rue

Ces fleurs de pavé se dénudent

Pour quelques centimes

Et je me vide dans la rue

Mon âme ressasse ce que j’ai perdu

A coup de centimes

 

Quelques êtres aspergés de l’argent du contribuable

Bûcheronnent immortel car ignorent la fable

Je peux tout expliquer sauf un fait étonnant

Dans mon dos on me raille on me montre les dents

 

Et j’aime à cueillir dans la rue

Ces fleurs qui se mettent à nu

Sans sentiments

Et je m’agrippe et je la prends

Mon cœur a loupé un battement

Sans sentiments

J’ai un coup de sang

 

Un matin entre deux cuisses on m’a retrouvé mort

Le cœur a ses fonctions que la fonction ignore

Puis la pompe sans remords s’est mise en tête de me souffler

Blanc matin blanc réveil on m’a réincarné

 

Et si de tous les maux ils ont choisi le moindre

Constatant que même la mort avait à me craindre

Retiré de la sphère éjecté par le haut

Maintenant à mon salaire tu peux ajouter un… Zéro !